Examen du PLU-H, circuit sud à vélo avec l’Agora et LVV

 

Ce second itinéraire nous a conduit.e.s dimanche dernier du quartier de Bellecombe jusqu’à celui de Cusset. Nous retirons de cet itinéraire la suite de réflexions commencées dans le  précédent billet.

Le point de ralliement correspondait à l’actuel dépôt de bus TCL.

Ce choix de départ était patrimonial puisque le futur PLU-H, soumis présentement à enquête publique, entend assigner la majeure partie du tènement en question, délimité par les rues Magenta,Dedieu d’Alsace et Anatole France, aux espaces verts. Si cette prescription est heureuse nous souhaitons souligner que ce site industriel présente les caractères d’une inestimable portée historique et mémorielle. Il s’agit d’un marqueur fort du paysage, et, à l’instar des filatures Villard (évoquées dans le précédent billet), il a assumé un rôle structurant dans le quartier (peuplement, activité, etc). Mais nous avons relevé que le PLU-H  se proposait de réserver une petite portion du tènement (sur la rue d’Alsace) au titre d’EBP. Or, nous avons fait le constat que cette application en faisant le choix de limiter sa prescription patrimoniale aux seules façades Ouest, dont le traitement décoratif est manifeste ( à cause de leur vocation de bureaux et de logements et non laborieuse) était révélatrice de cette orientation mémorielle.

Façade Ouest, rue d’Alsace, du tènement TCL, jadis OTL, bureaux, logements, partie patrimoniale du PLU-H

 

Rappelons que la mémoire industrielle et ouvrière qui qualifie une partie notre histoire ne peut se satisfaire d’une seule sélection esthétique du bâti. Ce site est l’un des derniers témoins de l’épopée des transports (celles des OTL) au sein de l’agglomération. Il remonte à l’extrême fin du XIXe siècle et présente un ensemble très complet. Il figure, à l’échelle de l’ilot,  la place occupée par l’industrie du transport, témoin de son évolution technique (passage de la traction à vapeur vers l’électricité). Ainsi si la prescription espaces verts se justifie amplement, observons toutefois que dans les choix qui présideraient à établissement d’un poumon vert ici la conservation d’une trame susceptible de rendre lisible cette histoire, par la conservation d’un maximum de bâtiments, serait la bienvenue.

Parties industrielles, à l’Est, rue Magenta du même dépôt.

Terminons sur ce point en précisant que nous sommes conscient.e.s des enjeux que représente ce tènement, mais que c’est précisément parce que son ampleur le place, (comme Villard/ACI) au rang des grands sites industriels villeurbannais que nous insisterions pour un futur (qui peut être très lointain car le départ des TCL n’est fort heureusement pas à l’ordre du jour) ménager et respectueux du site, conciliant utilisation verte et patrimoniale. Des sites d’ampleur doivent appeler des projets ambitieux et nous aimerions voir la Ville et la Métropole s’emparer de la question de leur conservation.

Vue aérienne, l’OTL une ville dans la ville.

 

Arrivé.e.s à l’entrée des Gratte-ciel, nous avons soulevé la question du tracé du futur tramway T 6. L’AGORA a déjà examiné ces questions et elle en a fait de meilleurs rapports que moi. Le passage dans les lieux retenus pour l’un des tracés nous a permis l’examen des difficultés et des limites de l’itinéraire pressenti et très convenu autour du nœud Gratte-ciel.

Ici, je ne peux me dispenser d’une remarque au sujet du projet de prolongement de l’Av Henri Barbusse (projet Gratte-Ciel Nord) en lien direct avec le tracé futur du tramway. L’ampleur du projet ne manque pas d’interroger, spécialement à la vue d’autant d’édifices anciens, valides encore du point de vue du logement, mais que le pharaonique projet entrainera à la ruine.

Vue sur le Cours Emile Zola depuis Barbusse. Le projet Gratte-ciel nord entrainera la démolition de tout ce qui se trouve sur son passage.

La nature de ces projets, dont la réalisation est déjà commencée n’intéresse pas directement le nouveau PLU-H, mais questionne sur ces exigences de faire du neuf, marquer la ville d’une empreinte urbaine qui s’apparente à une action de prestige. L’ordre du jour est-il réellement à de telles occupations et où se situe la valeur de telles préoccupations dans l’échelle du besoin des habitants ?

Ici un immeuble vieux de quelques 60 années préposé à la retraite anticipée.

A quelques coups de pédales de là, un emplacement la rue du 1er Mars 1943, près du Cours Tolstoï, requérait certain examen de terrain. En effet le PLU-H  disposerait le secteur à des hauteurs exceptionnellement hautes (36 mètres). Cette prescription nous parait d’autant plus dommageable qu’évidemment elle ne s’applique nullement à des terrains vierges mais à des bâtiments industriels exceptionnels. Il serait par conséquent question, à croire le PLUH , d’étendre les prescriptions permises un peu plus au Nord (quartier de la Perralière) à cette portion-ci.

Rue du 1er mars 43, où comment l’arrière plan (composé de très hauts immeubles) entend passer au 1er plan

Le resserrement de la rue du 1er Août ajoute au pittoresque d’un lieu qui doit à la monumentalité des façades. Les façades sont dignes d’un décor qui ne manque pas de prestance.

Ici les grandes ouvertures contribuent à l’effet imposant de l’édifice.

Il nous semble qu’à ce jour, et avec la disparition dramatique des espaces liés à la mémoire ouvrière de notre cité, que la municipalité, de concert avec la Métropole, devrait avoir à cœur d’orienter ses politiques urbaines vers une conservation des débris qu’il lui reste pour accorder ces édifices à des utilités attendues du public , le tout dans une réfection intelligente et maitrisée de tous ces espaces bâtis.

 

En joignant ensuite la rue du 4 aout 1789 nous avons apprécié l’ensemble des anciens HBM de la rue pierre Cacard, conçu comme une réponse consciencieuse au besoin de logement posé dans les années 1930. L’ensemble se distingue par la qualité de la conservation de tous ses éléments (grilles etc).

Rue Pierre Cacard, ensemble HBM PIP

Caractéristique des propositions de PIP  (Périmètre d’intérêt patrimonial, mobilisés en bonne part par ces ensembles prestigieux d’HBM). Cette prescription au titre des PIP nous parait évidemment judicieuse et justifiée. Ils restent des modèles de logement social aujourd’hui, de belles prestations urbaines.

 

A l’angle de la rue Greuze et du Cours Emile Zola, l’ancien bâtiment de mondial tissu a retenu notre attention. Abritant depuis peu le Super U, il avait fait l’objet d’une réhabilitation complète conséquente à ce changement de destination. S’il était regrettable de voir une partie des bâtiments industriels (les sheds), céder leur place au profit d’un plan régulier conçu autour d’une répétition de module (ici la continuation de la partie décorée et remarquable). Saluons le résultat qui est une réussite. Mais notons toutefois la singularité de voir cet édifice proposé par le PLU-H comme EBP (Élément bâti à préserver). Si l’édifice est remarquable en effet il reste le résultat d’aménagements trop récents pour mériter pareil empressement patrimonial. En outre après cette opération d’ampleur il y a tout lieu de croire que rien n’exige à présent l’urgence d’une protection (surtout comparativement à d’autres édifices à peu près analogues qui en sont, eux, dépourvus).

Rue Greuze/Zola

 

Un peu plus loin, en sortant du Cours Émile Zola, nous croisons la rue Victor Subit. Nous avons relevé avec regret que cette rue, prise entre deux zones de PIP (zone B 4, appliquée en l’occurrence aux HBM précédemment citées, et zone B 12 quartier de faubourg Cusset/4 aout ) s’en trouvait exclue mais à raison au vu des qualifications respective des zones en questions.

Rue Victor Subit vue à son entrée sud depuis la rue du 4 aout.

Il n’en reste pas moins que la rue doit à sa situation plus d’une observation élogieuse. Ses caractéristiques de lotissement d’après guerre inscrite dans un environnement plus densément bâti la signalent très favorablement.

Les abords de la rue Subit, non moins cohérents et remarquables.

Beaucoup d’élément bâtis (grilles, portes, mur-bahut) de cette rue participent de l’ exceptionnelle homogénéité de son parcours. Et l’effet est d’autant plus singulier si l’on compare son étalement pavillonnaire aéré à l’étirement vertical des grands HLM au fond qui jouent sur de fortes densité et qui lui sont pourtant contemporains. En bref, cette manifestation urbaine des années 50-60 est l’un des nombreux exemples d’une diversité et d’une richesse qu’il faudrait prendre en compte dans une contribution patrimoniale et paysagère.

Rue Victor Subit, la maison particulière dans ses volumes années 50 reproduite dans une grande échelle dans le grand immeuble contemporain mais à grande échelle.

Ultime point de notre itinéraire : dépassant l’ancienne église de Cusset en empruntant la rue Pierre baratin, naguère rue Cornavent, nous sommes sommes portés vers un point qui présentait les mêmes difficultés que le point 4 (rue du 1er mars 43).

Angle Eugène Réguillon et Pierre Baratin en direction du sud.

Ici, à l’intersection du Boulevard Eugène Réguillon et de la rue Pierre Baratin, dans un quartier de maisons particulières, une mutation serait à prévoir car les hauteurs pourraient voisiner les 40 mètres. Rappelons que la rue Baratin est une ancienne voie de passage, l’artère de l’ancienne paroisse de Cusset, partant intrinsèquement liée aux origines de notre commune. Si nous nous montrons satisfait.e.s de découvrir que le nouveau PLU-H  propose de déployer un PIP (PIP A9) autour de l’église, nous nous croyons justifier à déplorer le manque d’ambition du développement qu’il propose. ce PIP s’applique en effet à l’église et à ses seules rues adjacentes. Le Boulevard Réguillon, dans son voisinage en demeure exclus et reste frappé d’alignement, aux dépens de l’esprit pavillonnaire qui lui confère son charme actuel. Les maisons remarquables prises individuellement n’y manquent d’ailleurs pas :

maison Bd Réguillon

L’intention du PLU-H parait bien pourtant d’étendre l’urbanisation brutale qui domine au sud de la rue en direction du nord. La rupture est nette d’ailleurs entre la partie nord ci-dessus et la partie sud ci-dessous qui ne s’embarrasse d’aucun effet de transition.

 

Avec la même brutalité, j’arrête ici cette excursion, sans que l’on m’en tienne rigueur je l’espère, car notre intention n’a pas changé :  les observations contenues dans ces différents articles sont les échantillons de propositions que nous entendons adresser dans le cadre de l’enquête publique. Nous allons par conséquent continuer d’y travailler.

Un commentaire

  1. Merci pour ce compte-rendu, détaillé et mesuré dans ses observations, je pense en particulier au dépôt TCL, mais pas que, qui est comme le précédent une bonne base pour les observations à déposer sur le registre d’enquête du PLU-H.

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